Culture : review de Rocé – Identité en Crescendo

Même s’il n’a rien sorti depuis 3 ans, l’envie est grande de vous inviter à écouter l’un des représentant du rap conscient, Rocé. Et puisque l’on est pas dans l’actualité, autant parler de son deuxième album, celui qui sort en boucle de mes écouteurs. Sorti il y a 10 ans, en 2006, Identité en crescendo  est un album de rap conscient qui rappelle les années 70 tout en étant profondément ancré dans les années 2000. Plus proche de la Rumeur que de PNL, avec une énergie et une recherche musicale passionnée, Rocé nous livre un grand album, l’un de ceux qui comptent et qui reste d’une actualité impitoyable.

Le flow clair sur les instrus jazzy prend le contrepied d’une période où l’autotune est omniprésent dans le rap français.  Les paroles sont présentes pour être écoutés, calmement, et leur contenu est là pour mieux nous énerver. Lorsque l’on entend Rocé asséner “La France a des problèmes de mémoire / Elle connaît Malcolm X mais pas Frantz Fanon, pas le FLN ; / Connaît les Blacks mais pas les Noirs / Diffuse les story cow-boys et indiennes / Mais de la tragédie cow-boys et algérienne faut rien savoir” on ne peut s’empêcher d’avoir un petit frisson qui nous rappelle que oui, le rap se sublime en étant politique. Le risque était grand de l’avoir perdu de vue ces dernières années, où est omniprésent “un rap où les élus oublient ce que c’est qu’être rappeur / Depuis que les radios et la tune, rendent muet comme du gaffeur”.

Heureusement, des artistes comme Rocé, la Rumeur ou Skalpel nous rappellent qu’il y a la place pour un rap de fond, qui n’oublie pas la forme. Pour ceux qui voudraient quelque chose de plus récent ou de plus hip-hop dans la forme, il est toujours possible d’écouter son dernier album, Gunz N’Rocé, sorti en 2013.

Article parue dans le Jusqu’ici #1